BLØGS, la "revue de blog" du design scandinave.

BLØGS vous propose les meilleurs extraits des blogs français et étrangers consacrés au design scandinave. 

Design suédois, ou la démocratisation du beau (Extraits)

Par Lotta Jonson de l'institut Suèdois

Le design suédois d’aujourd’hui est né d’un mouvement général d’éveil de la culture nationale et des puissants courants artistiques apparus vers la fin du XIXe siècle, au tournant du siècle et dans les premières années du XXe siècle. Ceux qui s’intéressent à son histoire s’arrêtent volontiers à deux dates emblématiques, 1930 et 1955. La première est l’année de la grande exposition de Stockholm et de la percée du fonctionnalisme. 1955 est l’année de la grande exposition d’ameublement de Helsingborg, H55, qui réunissait une grande partie de ce qui a fait le renom du design et des arts décoratifs suédois dans le monde. Aujourd’hui encore, H55 est une source d’inspiration pour beaucoup de jeunes.

 Comment définir la spécificité du design suédois ? La « lumière nordique » peut-être, reflétée dans les objets de tous les jours : formes simples, couleurs claires, fonctionnalité, meubles en bois blond, textiles à rayures ou à carreaux. Le design suédois est rarement surchargé, il est d’une sobriété toute rationnelle.

QUELQUES DONNÉES HISTORIQUES

L’histoire un peu plus que centenaire des arts décoratifs suédois est liée à l’émergence de la société industrielle. À l’exposition universelle de Stockholm, en 1897, on pouvait voir les porcelaines de Gustavsberg et Rörstrand, signées de créateurs comme Gunnar Wennerberg et Alf Wallander. Sous l’inspiration du mouvement Arts & Crafts anglais, le peintre Carl Larsson y exposait pour la première fois les aquarelles de sa demeure de Sundborn, pour laquelle son épouse Karin Larsson avait dessiné de nombreux meubles et textiles. Ces intérieurs simples et personnels, avec leur mobilier rustique et leurs couleurs claires, ont été très admirés à l’étranger et représentent aujourd’hui encore la quintessence de l’esprit suédois. Sous le charme des créations des Larsson, Ellen Key a écrit en 1897 un essai qui a eu un grand retentissement, « La beauté dans la maison ». En 1899, elle formulait son engagement social et revendiquait « la beauté pour tous » dans un ouvrage du même titre. En 1919, Gregor Paulsson, autre figure marquante des premiers temps de l’histoire du design suédois, exposait ses idées dans un livre intitulé « Pour de plus beaux objets usuels ». L’esprit de Gregor Paulsson et d’Ellen Key continue d’imprégner le design suédois : la beauté formelle appartient à tous et ne doit pas être réservée aux plus fortunés.

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Vase Triton de Simon Gate - 1917 


Longtemps encore après le début du XXe siècle, la fabrication des objets de la vie courante est restée presque entièrement artisanale en Suède. Dans les années 1920, les arts décoratifs étaient connus dans le monde sous le nom de « Swedish Grace », évoquant l’élégance et la beauté d’objets uniques plutôt que la production en série. Ainsi, les verriers Simon Gate et Edward Hald, entre autres, ont été les fondateurs d’un art moderne du verre qui a fait la renommée mondiale d’Orrefors.
Entamée pour de bon dans les années 1930, l’évolution vers l’industrialisation, la standardisation, la production en série et la coupure entre « fait main » et « fait machine » s’est poursuivie, encore qu’à un rythme moins rapide, dans les années 1940 (la Suède était restée en dehors de la Seconde Guerre mondiale) pour s’accélérer ensuite à la faveur du boom économique des années 50 et 60.

UNE TRADITION DÉMOCRATIQUE DU DESIGN

Voyons d’un peu plus près les grandes dates et les grands noms qui ont marqué le monde du design suédois après l’avènement du « fonctionnalisme » moderne.
L’exposition de Stockholm de l’été 1930, nous l’avons vu, a été un tournant dans l’histoire du design suédois. Elle incarnait la rupture entre l’ancien et le nouveau – plus en théorie qu’en pratique toutefois. Sa composante la plus radicale était l’architecture et une partie des agencements – grandes fenêtres, surfaces nettes, aménagement ouvert de l’espace et sobriété de la décoration. L’exposition avait donné carte blanche à des architectes comme Uno Åhrén, Sigurd Lewerentz, Gunnar Asplund et Sven Markelius pour faire quelque chose d’entièrement neuf.

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Bruno Mathsson et la Jetson chair - 1966


Parmi ceux sur lesquels l’exposition de Stockholm de 1930 a exercé une influence déterminante, on note Bruno Mathsson, devenu par la suite l’un des créateurs de meubles suédois les plus marquants au plan international. Il y a trouvé une inspiration et un nouvel élan pour poursuivre les expériences sur des sièges en bois courbé, rotin et tube d’acier qu’il avait déjà entreprises. Jusqu’à sa mort en 1988, près de soixante ans après ses débuts, il est resté un authentique « fonctionnaliste », toujours en avance sur son temps – il préparait d’ailleurs une gamme de meubles pour les postes de travail informatiques. Un autre grand nom du design mobilier de cette époque est Carl Malmsten, qui a défendu toute sa vie l’idée d’une conception plus artisanale et fonctionnelle du meuble.
L’exposition de Stockholm était porteuse d’un message politique sous-jacent, une ardente aspiration à créer pour un monde nouveau – pour la collectivité et la classe ouvrière. Son inspiration esthétique venait principalement d’Allemagne – les initiateurs étaient influencés par le Deutscher Werkbund et le Bauhaus, qui avaient formulé très tôt leurs idées sur la collaboration entre l’artiste et l’industrie pour embellir les objets de la vie quotidienne.

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"Praktika" de Wilhelm Kage - 1933

Une grande partie des objets créés pour l’exposition de Stockholm étaient des précurseurs. On y trouvait l’argenterie de Wiwen Nilsson, des meubles dessinés par Gunnar Asplund et Uno Åhrén, les tapis directement inspirés de l’art moderne créés par Ingegerd Torhamn, les créations de cristal issues de l’atelier du verrier Simon Gate, des verres de série, des terrines en acier inoxydable, et un service de table aux formes fonctionnelles, « Praktika », du céramiste Wilhelm Kåge. Une grande partie des meubles et détails de décoration intérieure innovants qui ont été développés par la suite ont d’ailleurs été lancés à l’exposition de Stockholm, qui nourrissait de grandes ambitions pédagogiques.

INDUSTRIE ET DESIGNERS

Le design des années 1940 est largement consacré aux objets pour la maison. Dans l’ombre portée de la guerre, on s’efforçait d’amener l’industrie et les consommateurs à « prendre de meilleures habitudes ». Pour ce qui est de l’ameublement, la modernisation était évidemment motivée par des considérations économiques concrètes. Le marché du travail avait besoin des femmes, ce qui imposait entre autres de simplifier les tâches ménagères.
La créatrice textile Astrid Sampe a été avec Viola Gråsten (toutes deux étaient attachées aux grands magasins NK de Stockholm) la grande novatrice du textile d’ameublement suédois dans les années 1950. Viola Gråsten a renouvelé l’art du rya, tapis tissé à longues mèches, et ses plaids se trouvaient dans presque tous les foyers.
Les rayures et les coloris des tissus d’Astrid Sampe ont connu une grande faveur. Plusieurs de ses motifs ont été réédités, certains sont produits sans interruption depuis les années cinquante.
Les sœurs Lisbet et Gocken Jobs, de Dalécarlie, ont dessiné et peint des motifs floraux ou inspirés de la nature pour des procédés d’impression modernes ; Josef Frank, qui a quitté Vienne pour la Suède en 1934, influence aujourd’hui encore la décoration intérieure suédoise par ses créations qui sont devenues des classiques – meubles, luminaires, verrerie et tissus imprimés. Tous trois sont l’illustration d’une heureuse alliance entre arts appliqués et industrie.

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Coupe et vases de Stig Lindberg

Une vision optimiste de l’avenir marquait aussi l’exposition H55 de Helsingborg où se trouvaient réunis les grands noms du design suédois. Des nouveaux venus y ont fait leur apparition, dont beaucoup sont encore à l’ordre du jour : Sigurd Persson signait des bijoux, des ustensiles de cuisine, des verres entre autres. Stig Lindberg a longtemps marqué de sa griffe la production de la manufacture de porcelaine de Gustavsberg. Ingeborg Lundin dessinait des pièces de verre aériennes et graciles pour Orrefors. Les coupes « Fuga » de Sven Palmqvist étaient une innovation technique, et les couverts de Folke Arström sont aujourd’hui encore très admirés. Nils Strinning est le concepteur de la fameuse étagère String, élément obligé de tous les intérieurs des années cinquante – fil d’acier revêtu de nylon et rayons en teck de préférence.

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Ménagère Bernadotte par Sigvard Bernadotte - 1939 

Signe Persson-Melin a dessiné des boîtes à épices en céramique typiques des années cinquante suédoises.
Sigvard Bernadotte, le « prince du design », a été un des premiers à ouvrir sa propre agence de design industriel, où ont été conçus des objets pour un bon nombre de grandes entreprises suédoises de l’époque.

L'influance de l'Angleterre dans le modernisme Danois.

Danish Teak Classic – lundi 18 Avrll 2011

Au cours de la moitié du XIXe siècle, l'Angleterre a connu une croissance exponentielle de ses méthodes de production industrielle, motivée par une source inépuisable de nouvelles inventions. Ces nouvelles méthodes de production ont changé à jamais le mode de vie des gens à travers l'Angleterre et dans une grande partie de l'Europe occidentale.

La production de masse en usine a rapidement remplacé les biens fabriqués à la main, ce qui a contraint les populations à abandonner les petites fabriques familiales et à s’exiler vers les villes pour y travailler. Ce qui semblait une vie prometteuse loin de la paysannerie s'est vite révélée être une vie dure avec de longues journées de travail pour un salaire de misère.

En réaction à cette dure réalité causée par la révolution industrielle des courants créatifs et contestataires se sont développés,  dont un dirigé par l'architecte et designer William Morris qui défendait les valeurs de l’artisanat, avec ses pièces uniques, faites unes à unes.

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William Morris

Les pays scandinaves ont été importateurs de mobilier anglais et de style napoléonien jusqu'à début du 20ème siècle. Une conjoncture économique difficile et la première Guerre mondiale ont coupé ces liens commerciaux et forcé les designers danois à se replier sur leur propre savoir-faire et influences stylistiques. Influencés par leur propre histoire et par des artisans comme William Morris, des designers danois ont commencé à construire des meubles modernes fonctionnels qui ont privilégié la beauté des formes au dépend des détails ornementaux superflus. Les designers danois se sont aussi tournés vers leurs ancêtres Viking plutôt que vers le style « précieux » du mobilier français.

Ce nouveau design, simple, épuré,  a posé les bases, à la moitié du 20 ème siècle, du mouvement moderniste danois.

 

Le design scandinave à travers les oeuvres de créateurs scandinaves.

Maison du jour – lundi 7 mars 2011

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Tapio Wirkkala

Le design scandinave est très riche et diversifié. A travers les oeuvres de quelques designers scandinaves, nous allons découvrir ensemble l’art scandinave en matière de design.

- Le plus grand designer finlandais d’après guerre fut Tapio Wirkkala. Toutes ses premières créations sont faites manuellement. C’est ce qui fait qu’il œuvre également dans la sculpture en utilisant un couteau traditionnel appelé puukko. Des accessoires de cuisine design, une célèbre bouteille de Vodka et même les billets de banques de la Finlande ont été l’œuvre de Tapio Wirkkala. Sa polyvalence et son spectre créatif lui valurent une édition en 1959 par Christofle-Gallia de sa création nommée « Sol unaire ».

- Un autre figure de proue du design scandinave est incarné par le Danois Poul Henningsen.

En 1925 à Copenhague, la série de lampe design PH3 a été créée par Poul Henningsen. Il a justifié sa création comme étant une possibilité d’économiser de l’énergie en favorisant la gestion économique de l’énergie. Ses créations réduisent progressivement la projection de lumière.

- Le célèbre prix « excellent swedish design » de 1993, est allé au designer Ruud Ekstrand. Ce designer scandinave est le créateur de la très belle chaise design Primo. Il s’est inspiré du génie du designer Charlotte Perriand. La chaise est caractérisée par la chaleur et la sobriété scandinave. Avec une assise faite soit en tissu standard, soit en cuir, la belle chaise Primo  de Ruud Ekstrand est déclinée en chaise classique et en armchair.

- Le design scandinave allie également le luxe dans différentes oeuvres.

En effet, inspirée de la grande marque de prestige Louis Vuitton, la chaise fourmi du designer scandinave Aarne Jacobsen révolutionne le design scandinave classique. Vêtue de cuir, déclinée en version balançoire, la chaise fourmi incarne commodité et luxe car elle vous accompagne partout, même pour vos vacances.

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Série 7 balançoire de Arne Jacorsen pour Louis Vuitton

- La célèbre marque Muuto, quant à elle présente une bibliothèque design d’une originalité exceptionnelle. C’est une création de Pil Bredhal, déclinée en noir et en blanc avec une couleur très profonde, la bibliothèque design est entièrement modulable pour un agencement selon vos choix.

- Inspiré des créations nordiques et modernes de Serge Mouille, le design scandinave est incarné par ailleurs par Marie Louise Gustavson qui a crée la fameuse manana lamp. Cette lampe en acier très design a la forme d’un homme adossé à un mur.

- Le très célèbre fauteuil bulle Ovalia est le fruit de l’imagination du designer scandinave Thor Larsen Henrik. Malgré une faible production du produit, le succès ne manqua pas à ce fauteuil.

En effet, il a été créé au Danemark et fut commercialisé également en France. Cependant, son succès arrive à son apogée lorsque la création de Thor Larsen Henrik fut utilisée dans deux films très célèbres à savoir Men in Black I et II avec Will Smith.

- Le design scandinave s’est aussi intéressé a la création d’accessoires de cuisine. C’est le designer Aarne Jacobsen qui s’est fait remarquer pour la création d’une ligne d’accessoires en inox de cuisine. L’un des éléments de la gamme d’accessoires le plus usuel c’est la cafetière design. Créée en 1967, entièrement en acier inoxydable, cette cafetière complète la gamme d’accessoires de cuisine composée d’un sceau à glace, d’un un pot à lait ainsi que sucrier, une salière et poivrière et une verseuse.

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Poul Henningsen

 


La fabrication de la "Peakock chair " de Hans J. Wegner, ou "fauteuil Paon ".

Dailymotion – mardi 18 janvier 2011

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The Peacock Chair de Hans J Wegner - 1947

Quand Hans Wegner présente à Finn Juhl ce fauteuil pour la première fois, celui-ci compare immédiatement son dossier à un paon faisant la roue, et donne au fauteuil le nom de « Peacock Chair », nom qui lui restera à jamais associé.

En dépit de sa conception presque postmoderne, ce fauteuil a été produit dès 1947.

Toutefois, ses lignes modernes ne sont pas simplement qu’une question d'apparence. Au contraire, le dos à bascule avec ses lattes aux formes extravagantes est un exploit esthétique et ergonomique. Les parties plates des lattes, qui donnent cet aspect plume de paon, sont placées exactement là où les omoplates prennent appuis.

 Précédemment produite par Johannes Hansen, PP Møbler en reprend la production en 1992.


La chaise paon de Hans Wegner
envoyé par galerie-mobler. - Futurs lauréats du Sundance.

La fabrication du fauteuil "président" ou "the chair" de Hans J. Wegner

YouTube – lundi 2 janvier 2011

En 2004, les ateliers PP Møbler fabriquent une édition limitée à 150 exemplaires, du fauteuil "président" de Hans J. Wegner, avec des chênes bi-centenaires de la fôret de Graenge au Danemark...

 

Le mobilier danois, beau comme chez Mad Men

Le Temps - Emilie Veillon – lundi 20 décembre 2010

Esthétique, confortable et intemporel. Le mobilier danois atteint des prix exceptionnels à Londres ou à Zurich. Décryptage & adresses 

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Ce canapé en cuir noir de Hans Olsen, datant de 1962, présente une structure et un piètement en teck massif. Les coussins en cuir sont garnis de plumes. Prix non communiqué. En vente sur le site Internet de la Galerie Møbler. www.galerie-mobler.com(Galerie Mobler)

 

Ici une enfilade en palissandre de Rio. Plus loin un canapé étroit en cuir patiné. Et des chaises en teck minimalistes signées Arne Jacobsen ou Hans J. Wegner. Dans cette vaste galerie de brocanteurs basée à Crystal Palace, à Londres, tout un étage est consacré au mobilier danois produit entre les années 1950 et 1970. C’est beau. Comme les décors de la série «Mad Men». Les bois foncés sont lustrés. Et les étiquettes s’envolent (pour les fourchettes de prix des meubles de cette page, et leurs éventuels points de vente, voir la galerie sur letemps.ch).

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Ce bureau minimaliste, marqué des initiales de Nanna Ditzel, est sublimé par les dessins naturels d’un bois exotique aujourd’hui protégé : le pallisandre de Rio. Edité en 1960. Prix : 8000 euros.En vente à la Galerie Dansk, à Paris. www.galeriedansk.com.(Galerie Dansk)

Deux rues plus loin, cinq enseignes délabrées exposent sur le trottoir chaises, lampes et commodes de designers inconnus, à des prix qui grimpent jusqu’à plusieurs milliers de francs. Trop cher? Même pas. Pour autant que l’authenticité danoise soit prouvée, la valeur de cet héritage a pris des proportions énormes.

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La Valet Chair de Hans J.Wegner en teck est significative de son talent pour la création de chaises alliant travail exceptionnel du bois, fonctionnalité et beauté plastique. Le dossier est en forme de cintre pour y poser la veste. L’assise se soulève pour soutenir le pantalon et découvre un petit espace de rangement. Edition Johannes Hansen, 1953. Prix: 9’500 CHF. En vente à la galerie Kiss the Design, à Lausanne. www.kissthedesign.ch(Galerie Kiss the Design)

Le nombre de revendeurs est passé d’une dizaine à plus d’une centaine en Europe ces dix dernières années. Une bonne majorité d’entre eux misent sur des pièces rares, dessinées par les figures emblématiques du design danois et issues de premières éditions. Comme ce canapé de l’architecte Kaare Klint (voir image ci-dessous tout à droite), produit en 1930, que la galerie Dansk Møbelkunst, ouverte fin 2009 à quelques pas de la Paradeplatz zurichoise, espère vendre 54 000 francs.

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Fabriquée de façon artisanale en 1974, la suspension en opaline «aubergine» de Michael Bang pour Holmegaard diffuse une lumière douce. Prix : 300 euros. En vente sur le site Internet de la Galerie Møbler. www.galerie-mobler.com (Galerie Mobler)

Cette passion ne touche pas uniquement les collectionneurs et les professionnels. «La demande des néophytes pour des meubles de rangements scandinaves des années 1960 ou 1970 est de plus en plus forte. Ils leur rappellent le salon de leurs grands-parents», observe John Mottier, responsable de la section vintage de la boutique Uniquement Vôtre à Lausanne qui propose des rééditions de classiques danois. On l’aura compris, tout ce qui se rapporte à l’ère du Formica et des papiers peints colorés est dans l’air du temps.

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Ce canapé de l’architecte danois précurseur Kaare Klint, produit en 1930, illustre la qualité artisanale du mobilier danois en bois de l’époque. Le piétement est en acajou de Cuba. L’assise et le dossier sont en cuir de chèvres du Niger. Prix : 54’000 francs.suisses. En vente à la Galerie Dansk Møbelkunst, à Zurich. www.dmk.dk(Dansk Mobel Kunst)

Mais qu’est-ce que le mobilier danois a de plus que les autres produits de cette époque? Ses lignes sont simples mais toujours élégantes. Son bois est solide et léger. Proportion, fonction, forme, tout est très bien pensé. «Regardez bien. Les abat-jour sont dessinés de ­manière à ce que l’ampoule n’éblouisse pas les yeux. Les assises de fauteuil sont en plume d’oie ou en ressorts qui ne se déforment pas. Et les cuirs danois sont parmi les plus beaux du monde», explique Jérôme Lévy, ancien directeur artistique d’émissions consacrées à la maison en France, et fondateur du site de ventes de mobilier scandinave galerie-mobler.com.

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L’architecte Ole Wanscher réalisait en 1960 cette chaise à bascule en pallisandre pour regarder passer le long hiver nordique au chaud. Prix 3000 euros. En vente à la Galerie Dansk, à Paris. www.galeriedansk.com (Galerie Dansk)

Ce label de qualité a été forgé par une génération d’architectes issus de l’Académie royale des Beaux-Arts de Copenhague, aussi appelée l’Ecole Klint du nom de son fondateur Kaare Klint en 1924 (lire LT du 15.10.2008). Avec des ébénistes, ils ont concrétisé les nouvelles fonctionnalités du mobilier, avec leur maîtrise des tensions et des forces des différents bois. A partir des années 1950, les anciens élèves de Klint, tels que Arne Jacobsen, Hans J. Wegner, Børge Mogensen et Poul Kjærholm, ont appliqué ses idées et les bases de la tradition ébéniste à une production industrielle. En plus des bois nobles ou exotiques, ils utilisaient des essences aujourd’hui protégées, comme le palissandre de Rio, aux qualités mécaniques et esthétiques exceptionnelles. La qualité des matériaux et de la fabrication justifie donc le prix des pièces vintage.

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Icône du design danois, le tabouret à trois pieds créé en 1942 par Mogens Lassen tire sa forme des tabourets de traite ou des assises de tracteurs américains de l’époque. Sa forme ergonomique permet de se caler parfaitement et de basculer vers l’avant sans glisser. Prix : 2 600 euros. En vente sur le site Internet de la Galerie Møbler. www.galerie-mobler.com (Galerie Mobler)

Encore faut-il s’assurer de leur origine. «Le label du Danish Furniture­makers’quality control ou le nom du fabricant est généralement apposé ou tamponné à l’arrière du meuble, au-dessous ou dans un tiroir. Quand un meuble n’est pas labellisé, ce sont les matières utilisées et les finitions qui attesteront son histoire et son époque de fabrication», note Jérôme Lévy qui exporte des pièces authentiques jusqu’au Japon.

La couleur dans les luminaires design danois

Vintage Danish Lights – lundi 22 novembre 2010

A la fin des années 1960, Louis Poulsen et Fog & Morup lancent des lignes de luminaires avec une grande variété de couleurs. En 1968 Verner Panton conçoit les modèles Topan et Flower pot, proposés en orange, rouge, turquoise, bleu et pour certains modèles, en blanc.

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En 1969, Fog & Morup, lance sa Rainbow Line réunissant les modèles Falcon,  Juno, Zone et Equator en versions rouge, jaune, bleu et blanc. Cela a été suivi de près par la ligne blanche, un contrepoint aux couleurs flash de la ligne de Rainbow et vendus comme "luminaires basics pouvant s’accorder à presque tous les intérieurs et se mariant avec tous les styles et matériaux".

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La White Line composée des lampadaires Viking  et Junior, des appliques Alpha et  Corda  et de la lampe de table Lento, qui a déjà été produite dans d'autres couleurs ou finitions, et le multi-auréolé Hydra, une nouvelle lampe dans deux versions qui ne sera par la suite plus produite qu’en blanc.

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L'idée de la multiplication des couleurs était déjà profondément ancré dans la culture de Fog & Morup, et été suivit d’une large déclinaison suivant les même modèles, mais avec des finitions en métalliques - aluminium, laiton et cuivre – s’adaptant à toutes les pièces de la maison et offrant la possibilité d’avoir dans son intérieur une cohérence entre chaque lampe.

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Le design scandinave vu par Nanna Ditzel 

Documentaire de l'INA – samedi 13 novembre 2010

Déterminisme climatique, qui incite à rechercher le confort de l'habitat en hiver ? Réserves énergétiques modestes, qui limitent la production industrielle au profit d'activités de service et de création ? Ou encore législation favorable, qui permet le développement d'une culture du « Beau, du Simple et de l'Utile » ?

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Pour toutes ces raisons, le Danemark apparaît aujourd'hui dans les imaginaires comme la nation du design, le berceau d'une production au rayonnement international, incarnée et nourrie par des générations de designers prêts à relever tous les défis de la création. Cette réputation, forgée dès les années 1930-1940, s'est renforcée après la guerre à travers les réalisations d'artistes comme Arni Jacobsen ou Nanna Ditzel. Avec ses contemporains, cette dernière, née à Copenhague en 1923, a été de 1946, année de la création de son agence, jusqu'à sa disparition en 2005, une figure marquante de « l'école danoise ». Style épuré, minimalisme et fonctionnalité sont les caractéristiques principales de ses créations d'objets et mobiliers d'intérieurs.

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"Round Chair" de Nanna Ditzel pour Søren Willadsen

Héritiers de cet « âge d'or » difficile à porter, les jeunes designers danois du XXIe siècle se soucient finalement moins de révolutionner les principes fondateurs de cet art de faire que de les adapter aux nouveaux objets et comportements de leur époque (téléphone portable, ordinateur, espace et rythme de vie...) en investissant plus volontiers le monde du travail et de l'entreprise, quitte à faire évoluer cet « art du mieux vivre » en « art du mieux produire ».

 

50 ème anniversaire de la "Panton chair"

Par Jo Yana de blog deco design – mardi 2 novembre 2010

La Panton Chair est née entre 1959 et 1960, la belle fête donc ses 50 ans !!! Pour l’occasion nous retraçons son histoire en quelques photos, accompagnées d’un texte écrit par Mathias Remmele, le commissaire d’exposition du Vitra Design Museum…

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1959 : Conception de la PANTON CHAIR

Impossible de dire aujourd’hui avec précision à quelle date est née cette création de Verner Panton associée plus que toute autre à son nom.- D’après les informations plutôt vagues qu’il a fournies et ses rares esquisses non datées, il a dû cependant commencer à se consacrer intensivement à l’idée d’un siège plastique monobloc en porte-à-faux en 1959 ou en 1960, sans se douter qu’une petite décennie s’écoulerait encore jusqu’à sa réalisation. Lorsque la Panton Chair fut finalement commercialisée en 1967 – c’était le premier produit développé de manière autonome par Vitra – il sortait d’une phase de développement particulièrement longue et difficile qui ne prenait que temporairement fin avec sa mise sur le marché. En effet, ce siège qui s’est rapidement hissé au rang de symbole d’une époque et d’icône du design devait subir plusieurs modifications en quelques années, liées au changement de matériau et de technologie de fabrication.

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1960 : PANTON CLASSIC 1ere version en polyestere et fibre de verre

L’histoire débute dans les années 60 lorsque Verner Panton présente un modèle très étiré de siège en plastique à Willi et Rolf Fehlbaum chez Vitra. Ils sont fascinés par ce concept et veulent produire le siège en série. Il entre finalement en production en 1967. Les premiers modèles sont fabriqués en polyester renforcé à la fibre de verre, puis suivi par une version en mousse dure de polyuréthane (Baydur) et d’une autre en Luran S injecté (ASA). Il s’est avéré que ce matériau vieillissait mal et finissait par se casser. C’est pourquoi Vitra interrompt la production à la fin des années 70.

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Dans les années 80, la fabrication reprend, à l’initiative de Verner Panton, selon le procédé de moulage de mousse de polyuréthane, coûteux mais fiable, utilisé jusqu’à aujourd’hui. C’est sous le nom de Panton Chair Classic que le siège est proposé aux amateurs dans cette version.
Les technologies de plasturgie actuelles ont cependant tant évolué que la Panton Chair peut également être fabriquée selon un procédé d’injection avec du polypropylène entièrement recyclable. Cette nouvelle transition vers la technique d’injection permet désormais de proposer le siège à un prix plus intéressant qui rend ce classique accessible à un large public.

 

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Le travail sur ce classique a continué même après la mort de Panton en 1998 et Vitra lançait en 2006, en accord avec Marianne Panton, un siège pour enfants basé sur d’anciens plans, la Panton Junior. La Panton Chair a toujours été une chaise particulièrement appréciée des enfants : en raison de ses couleurs vives et joyeuses, de la douceur de ses courbes, et parce qu’il est possible d’y crapahuter ou d’en faire de magnifiques cabanes. Avec un matériau et des proportions inchangés, la Panton Junior est plus petite d’environ d'un quart par rapport au modèle habituel, ce qui en fait un siège idéal pour les enfants de maternelle ou de primaire.

http://www.vitra.com/

http://www.verner-panton.com/


Mobilier scandinave vintage à la Galerie Møbler

Par Mademoiselle Cécile de côtémaison.fr – jeudi 28 octobre 2010

Jérôme Levy est passionné de meubles scandinaves.

Alors directeur artistique d’émissions de télévision consacrées à l’univers de la maison, Jérôme Lévy constate l’absence d’un site internet de référence sur le mobilier scandinave des années 30 à 80. Il décide de se lancer dans l’aventure et crée sur Internet : Galerie Mobler, une galerie de pièces originales et vintage, de grandes signatures comme les inévitables Verner Panton, Arne Jacobsen… bien sûr ou de designers moins connus.

Aujourd’hui, Jérôme Lévy consacre l’essentiel de son temps à sillonner le Danemark, chinant dans des salles de vente, auprès d’antiquaires, de brocanteurs ou directement auprès de particuliers. Résultat : un choix de plus de quarante designers proposant chaises, tables, rangements, bureaux, luminaires…

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Eye Chair de Ejvind A. Johansonn - Danemark 1961 - Editeur : Yvan Gem Mobelfabrik - Teck massif

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Jardinière en teck - Designer Arne Vodder - Editeur : Vinde Mobelfabrik - Danemark 1961

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Semainier scandinave en palissandre de Rio - Designer inconnu - Danemark années 60

Les canards design scandinave de Hans Bølling

Design blog de Design Addict – mardi 19 octobre 2010

L’entreprise danoise Architectmade est connue pour avoir produit bon nombre d'objets du design scandinave depuis les 50, tous signés des plus grands noms tels que Finn Juhl, Jørn Utzon, Poul Kjærholm ou Kristian Vedel.

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Les canards de Hans Bølling, 1959.

 Une de leurs productions phares sont les « canards et canetons », conçu par Hans Bølling en 1959 et fabriqués en teck.

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Les canards de Hans Bølling, 1959.

 Hans Bølling à eu l’idée de ce projet un jour du printemps 59, à Copenhague, en voyant un policier arrêter la circulation pour laisser traverser une famille de canards. L’événement à même fait l’objet d’une publication dans le journal !

 

 

Le plus bel hôtel design scandinave au monde

Visit Denmark – jeudi 14 octobre 2010

L’architecte danois Arne Jacobsen est reconnu comme l’un des plus grands architectes du design scandinave du 20ème siècle, et il n’y a pas de doute qu’il fut l’un des artistes de son temps le plus productif et créatif.

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Radisson SAS Royal Hotel, Restaurant.

 En 1960 l’un de ses plus grands travaux fut achevé : Le SAS Royal Hotel, qui a maintenant achevé sa plus grande rénovation depuis sa création par Jacobsen.

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Radisson SAS Royal Hotel, Chambre 606


Quand le directeur de l’hôtel Alberto Kappenberger et l’architecte Arne Jacobsen ont ouvert le nouveau SAS Royal Hotel sur Hammerichsgade à Copenhague, qui représente le meilleur de l’architecture et du design intérieur, il lui a été attribué le titre de « Premier hôtel design du monde ».


 

L’émergence du design scandinave

Orgone design – jeudi 14 octobre 2010

Après la guerre, les idées du Bauhaus ne se sont pas seulement diffusées au sud de l’Allemagne mais ont également fait des émules au nord et plus particulièrement au Danemark. Les designers danois ont été fortement influencés par l’école du Bauhaus dans leur approche rationaliste et fonctionnaliste du design et de l’architecture. Le Danemark possédait déjà un artisanat de haute qualité. Il ne lui manquait plus qu’une industrie performante, ce qui fut enfin réalisé après la guerre.

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Hans Wegner – Fauteuil CH27 – 1949

Grâce à des leaders très talentueux, cette influence déboucha sur l’émergence d’une identité propre, au point où s’affirme progressivement une véritable «école danoise», parfois regroupée avec les voisins suédois et finlandais sous le nom d’école scandinave.

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Arne Jacobsen – Fauteuil Oeuf et Cygne – 1958

Cette école est caractérisée par l’emploi des nouvelles technologies industrielles conjuguées à une esthétique d’inspiration fonctionnaliste. Après la guerre, les Européens étaient désireux de trouver des esthétiques nouvelles telles que le mobilier en bois clair comme le teck.C’est la raison pour laquelle le design scandinave a rencontré un franc succès, devenant de véritables emblèmes, au point où certains sont encore aujourd’hui en usage et en production, comme la Bear Chair de Hans Wegner (1950), le fauteuil Oeuf de Arne Jacobsen (1958), ou la lampe PH5 de Poul Henningsen (1958).

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Nanna Ditzel – Fauteuil -1950

 

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